Continental présente son premier pneu pissenlit

Ils l’avaient annoncé, ils l’ont fait : face au déclin du caoutchouc traditionnel issu de l’hévéa, le manufacturier allemand transforme son pari de faire de la racine de pissenlit une source fiable pour la production de matière première nécessaire à la fabrication des pneus.

 

Un pneu à base de caoutchouc de pissenlit, ça fait rêver.

Un pneu à base de caoutchouc de pissenlit, ça fait rêver.

Le pneu pissenlit, une nécessité

Nous l’avions évoqué précédemment dans cet article consacré au pneu pissenlit : le caoutchouc en provenance d’Asie tropicale va mal. Continental investit depuis plusieurs années dans la recherche sur le pissenlit originaire du Kazakhstan afin de développer une source alternative de caoutchouc naturel.

Il est assez difficile d’imaginer que les recherches sur les pissenlits aient pu commencer il y a presque 70 ans ; mais dans le contexte de la seconde guerre mondiale et les besoins inhérents en pneumatique, la raison paraît un peu plus évidente. Il faut également se rappeler que les scientifiques allemands de l’époque et les chimistes en première ligne ont raflé des prix Nobel à la pelle, ceci pouvant expliquer cela en partie.

 

 

La recette du pneu au pissenlit

La recette du pneu au pissenlit

Le taraxagum, une gomme au goût floral

Le prototype conçu par Continental tire son nom du nom latin de cette variété de pissenlit, le Taraxacum. Présenté à la foire de Hanovre IAA Nutzfahrzeuge en septembre, sa bande de roulement ne contient plus de caoutchouc tiré du hévéa traditionnel : le pari du pneu durable semble désormais bien parti pour une nouvelle génération de pneus verts jaunes.

 

Quels avantages ?

Le pissenlit présente des atouts indéniables face au hévéa qui a longtemps occupé le podium à lui tout seul : un temps de culture extrêmement court que chacun imagine aisément, une quasi indifférence aux conditions climatiques et une capacité à pousser sur des sols pauvres, a fortiori donc sous un climat continental tempéré que nous connaissons en occident. La variété aura été modifiée et améliorée par croisements successifs comme pour n’importe quelle plante « travaillée » en laboratoire afin d’obtenir une concentration en caoutchouc plus élevée dans les racines de la plante.

 

L’avenir du caoutchouc de pissenlit

« Après plusieurs années de recherches et de collaboration avec l’institut Fraunhofer, nous sommes heureux de mettre sur la route le premier pneumatique composé de caoutchouc issu du pissenlit. Afin de tirer le meilleur parti du caoutchouc naturel extrait jusqu’à présent, nous avons décidé de fabriquer des pneumatiques hiver pour véhicules de tourisme car il sont composés d’une proportion importante de caoutchouc naturel » (Nikolai Setzer, membre du directoire et directeur de la division TIRE)

Désormais, Continental souhaite industrialiser des mélanges de gomme comportant du caoutchouc naturel issu du pissenlit et les intégrer aux productions en série dans les cinq à dix prochaines années. Ces pneumatiques vont subir une batterie de tests au sein des centres d’essai du Contidrom, près de Hanovre, et d’Arvidsjaur, en Suède.

 

Pour rappel, en mai 2014, le projet “ Caoutchouc de pissenlit ” a reçu le prix économique et environnemental GreenTec Award dans la catégorie Automobility.

 

A lire aussi : L’industrie du pneu ne mangera pas les pissenlits par la racine

 

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